Le chef de l'Etat «se porte très bien». Nicolas Sarkozy l'a dit lui-même, mardi soir, sur son site Facebook où il remercie ses supporteurs pour leurs messages de soutien après ce qu'il qualifie de «petit incident» l'obligeant à «prendre du repos». Dans l'après-midi, c'est un président en tenue décontractée que l'on a pu apercevoir à la Lanterne, la résidence versaillaise de la République.
En t-shirt blanc et short bleu clair, il a raccompagné vers la grille d'entrée l'un de ses nombreux visiteurs du jour.
Victime dimanche d'un malaise alors qu'il faisait un footing, le chef de l'Etat a respecté le conseil de «repos relatif» prodigué par les médecins en restant à Lanterne. Un repos tout «relatif» puisqu'il a préparé le conseil des ministres de mercredi, le dernier avant les vacances, qui s'annonce chargé.
Il ne partira pas au Cap Nègre avant jeudi
Le président passe la nuit à Versailles et rejoindra mercredi l'Elysée où il restera «au moins jusqu'à jeudi», avant son départ en vacances pour la côte varoise, où il doit séjourner dans la maison familiale de son épouse, au Cap Nègre.
Durant tout l'après-midi de mardi, on a assisté à un ballet de voitures devant les grilles de la résidence qui jouxte le parc de Versailles. Parmi les collaborateurs qui lui ont rendu visite, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, est venu évoquer les dossiers au menu du conseil des ministres. Avec notamment l'examen des ordonnances sur le redécoupage électoral, le statut de La Poste et la réforme des chambres de commerce. Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, et Bernard Kouchner ont également été aperçus.
Lundi, à sa sortie de l'hôpital du Val-de-Grâce, accompagné de Carla Bruni-Sarkozy, il était apparu tout sourire, entouré de médecins qu'il a salués chaleureusement. Pour autant, dans la presse, son malaise continue de susciter un vif intérêt, plusieurs médias s'interrogeant à la fois sur sa nature réelle - en dépit des informations apaisantes publiées la veille par l'Elysée - et ses conséquences possibles sur le fonctionnement de la présidence.
«Tout a été transparent depuis le malaise»
Selon le bulletin de santé communiqué lundi par l'Elysée, il n'y a «pas de cause» ni de «conséquences cardiologiques» au malaise présidentiel. Des déclarations du porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre, évoquant le même jour «un accident cardiaque», ont semé le trouble, contraignant ce dernier à faire une mise au point immédiate.
«Je peux vous dire que le président n'a pas eu de malaise cardiaque», assurait mardi le secrétaire d'Etat aux Collectivités Alain Marleix. «Il n'en a jamais été question», a-t-il insisté, estimant que Frédéric Lefebvre avait commis un «lapsus».
Alors que les informations sur la santé du chef de l'Etat suscitent traditionnellement beaucoup de suspicion - du fait des nombreux mensonges et omissions à ce sujet par le passé - plusieurs responsables de la majorité sont montés au créneau pour assurer que, cette fois, les choses s'étaient faites dans la plus grande clarté. «Je crois que ça été très transparent, qu'il y a eu beaucoup d'informations», a déclaré la ministre de l'Economie Christine Lagarde. «Je pense que tout a été transparent depuis le malaise qu'a fait le président en faisant son jogging dimanche», a aussi martelé Alain Marleix. «Toute la presse, l'opinion publique ont été tenues minute par minute au courant de ce qui s'est passé».
Pierre Moscovici (PS) a vu dans le malaise présidentiel un «petit signal»: «On a à peu près le même âge (ndlr: le président à 54 ans, le député socialiste 51), et je crois qu'il y a un moment où on se croit jeune, éternellement jeune, et en même temps, votre corps vous rappelle qu'on ne l'est plus tout à fait».