«On abaissera le prix sur 10 produits»
Cette concurrence ne semble pourtant pas inquiéter les indépendants. Eux aussi se disent majoritairement prêts à réduire leurs prix. D'ailleurs, selon un sondage du Synhorcat, deuxième syndicat de la profession, «80% des professionels joueront le jeu.» Pour Jean-François Girault, président de la Confédération des professionels indépendants de l'hôtellerie, «cette mesure est bénéfique et profitable à tous. C'est une opportunité pour les grands comme les petits : elle attirera de nouveaux clients. Et ceux qui ne joueront pas le jeu risquent de s'en mordre les doigts : les consommateurs iront voir ailleurs», prévient-il.
Le message semble parfaitement compris. «Ma première pizza va passer en dessous des sept euros grâce à la baisse de la TVA. Ici, on abaissera le prix sur 10 produits, c'est une bonne mesure qui devrait faire revenir les clients», estime la gérante d'une petite Pizzeria cotée en centre-ville de Lyon. De fait, les indépendants même réputés, comme Léon de Lyon, un ancien restaurant gastronomique reconverti en brasserie, vont jouer le jeu. Le directeur de l'enseigne, Jean-Paul Lacombe, voit ainsi dans la baisse de la TVA «la plus belle chose qui pouvait nous arriver. On l'attendait depuis des années, aujourd'hui face à l'érosion de notre clientèle, ça va apporter une bouffée d'oxygène.» Ici, la carte des menus prendra en compte la nouvelle tarification dès le 2 juillet. Même les quatre brasseries de Paul Bocuse au coeur de Lyon vont apposer la mention «La TVA baisse, les prix aussi» sur leurs devantures. «Les prix sur l'artichaut au foie gras ou encore la dorade vont reculer dès demain, signale le chef cuisinier du Nord, une des quatre enseignes. Notre menu du jour va passer à 19 euros contre 21, 60 euros avant.»
Aucune obligation à baisser les prix
Seuls les commerçants qui afficheront les mentions «La TVA baisse, nos prix aussi» devront respecter leurs engagements. Pour les autres, rien ne les oblige à suivre le contrat conclu entre les syndicats et le gouvernement en avril dernier. La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a cependant déclaré mardi matin sur RTL que «S'il y a un panonceau (annonçant une baisse de prix, ndlr) et que les prix n'ont pas baissé, alors là, j'ai une arme parce que le Code de la consommation, article L121.1, me donne le droit d'aller poursuivre sur la base d'informations trompeuses.» Et d'expliquer que le ministère dispose de près de 28 000 relevés de prix pour effectuer la comparaison. «C'est un contrat qu'on a passé avec les restaurateurs. Il se trouve que je suis juriste et moi, les contrats j'y crois. Quand on s'engage d'un côté, (il faut) qu'on s'engage de l'autre. On a tenu parole, il faut que les restaurateurs tiennent la leur» a insisté la ministre. La Répression des fraudes sera ainsi chargée, sur le terrain, de veiller à la bonne conduite des restaurateurs. En cas d'infractions, les services de la DGCCRF pourront sanctionner les établissements affichant des informations inexactes.
