Philippe Séguin (né le 21 avril 1943 à Tunis, décédé le 7 janvier 2010 à Paris) était un homme politique français, Premier président de la Cour des comptes.
Ancien ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, président de l'Assemblée nationale française de 1993 à 1997 et président du Rassemblement pour la République de 1997 à 1999, il a accédé au rang de Premier président de la Cour des comptes le 21 juillet 2004. Il est mort le 7 janvier 2010 d'une crise cardiaque, à son domicile, avant son départ à la retraite.
Biographie
Son père Robert Séguin meurt à l'âge de 22 ans, pendant la Seconde Guerre mondiale, en septembre 1944, alors que Philippe a un an.
Il étudie au lycée Carnot de Tunis. À l'indépendance de la Tunisie, sa mère, Denyse Séguin Daniele, institutrice, décide de rentrer en France pour vivre à Draguignan et Philippe poursuit ses études au lycée Alphonse-Daudet de Nîmes où il passe d'ailleurs son baccalauréat, puis à l'École normale d'instituteurs du Var.
Licencié ès-lettres à la Faculté des lettres d'Aix-en-Provence, il est ensuite diplômé d'études supérieures d'histoire et diplômé de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence en 1967[2], dont il est président du conseil d'administration depuis septembre 2007. Il fait ensuite l'ENA, promotion « Robespierre » (janvier 1968 - mai 1970) et entre à la Cour des comptes en juin 1970 tout d'abord en tant qu'Auditeur de seconde classe. Puis en décembre 1971, il devient Auditeur de première classe.
Membre du Rassemblement pour la République (RPR), il commence sa carrière politique en travaillant dans les cabinets ministériels. En avril 1973, il est chargé de mission au secrétariat général de la Présidence de la République sous Georges Pompidou. Puis, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, il devient en octobre 1974 Adjoint au directeur de l'éducation physique et des sports auprès du Secrétaire d'État auprès du ministre de la qualité de vie. En octobre 1975, il réintègre la Cour des comptes avant de revenir en politique en avril 1978 comme Chargé de mission au secrétariat d'État aux relations avec le Parlement auprès du Premier ministre Raymond Barre puis d'être Chargé de mission au cabinet du Premier ministre d'octobre 1977 à février 1978. Entre ces deux postes, il sera nommé en juin 1977 conseiller référendaire de seconde classe à la Cour des comptes. Pourtant, il peine à trouver ses marques : gaulliste, il ne se reconnaît pas dans la politique de Georges Pompidou, de Raymond Barre ou de Valéry Giscard d'Estaing. Il invente donc son propre style, le « séguinisme ».
En 1978, il se présente aux élections législatives, il est élu député des Vosges (1ère circonscription) en avril, mandat qu'il conservera jusqu'en juin 2002. Il est également vice-président du Conseil régional de Lorraine de 1979 à 1983 puis est élu maire d'Épinal en mars 1983 jusqu'en octobre 1997. En 1981 il prononce un discours pour soutenir l'abolition de la peine de mort à l'Assemblée nationale; il est un des rares députés d'opposition à soutenir cette réforme emblématique du Président François Mitterrand. Entre 1984 et 1986, il occupe les postes de Secrétaire national du RPR pour les affaires sportives, puis pour les problèmes des rapatriés, enfin chargé de la décentralisation. En mars 1986, il est nommé Ministre des Affaires sociales et de l'Emploi dans le gouvernement du Premier ministre Jacques Chirac sous la présidence de François Mitterrand. En 1992, la carrière politique de Philippe Séguin prend un tournant : il s'engage pour le « non » au traité de Maastricht. Fidèle à la tradition gaulliste et attaché à l'implication de l'État dans le domaine social, il estime que le traité européen est une menace pour l'indépendance de la France. Il craint surtout une Europe trop libérale. François Mitterrand alors président de la République, accepte même un débat télévisé avec lui.
En avril 1993, après la victoire de la droite aux élections législatives, Philippe Séguin devient président de l'Assemblée nationale. Son combat consiste à protéger l'autonomie des parlementaire face au gouvernement. Au cours de ses années de Ministre des Affaires sociales et de l'Emploi et de président de l'Assemblée nationale, Philippe Séguin et François Mitterrand vont, malgré leurs divergences politiques, se lier d'un profond respect et d'une bonne amitié.
Lors de la campagne présidentielle de 1995, Philippe Séguin apporte son soutien à Jacques Chirac. Il joue un rôle clé puisqu'il est l'un des inspirateurs du discours de Jacques Chirac sur la fameuse "fracture sociale" avec Henri Guaino. Mais contrairement à ce qu'il espérait, Philippe Séguin n'est pas nommé Premier ministre, une fois Jacques Chirac élu président de la République et c'est un de ses concurrents de toujours Alain Juppé qui est nommé à sa place. Il reste donc président de l'Assemblée nationale jusqu'en avril 1997. Après la dissolution de l'Assemblée nationale voulu par Jacques Chirac en 1997, Philippe Séguin, au cours de la campagne électorale des législatives anticipées s'est rapproché des libéraux du RPR tout en maintenant l'idée de faire une Europe sociale. Après l'échec de la droite aux législatives, ces nouvelles affinités lui permettent de prendre la tête du RPR en juillet 1997. Ses projets sont divers : il souhaite rénover le parti en proposant de nouveaux statuts aux membres du parti. Ainsi, il propose que les militants votent de façon directe pour le président. Il élabore également un projet social-libéral.
Toutefois, il est très vite confronté à de nombreux obstacles au sein même du RPR : certains le soupçonnent de se mettre déjà en campagne pour la Présidence de la République de 2002 et de vouloir trahir Jacques Chirac. Le parti se divise également au sujet de la monnaie unique et de la construction de l'Europe. Il ne parvient pas à établir une liste unique aux élections européennes. Finalement, sous la pression et surtout les différentes man½uvres des chiraquiens, Philippe Séguin abandonne la direction du RPR en avril 1999.
Après quelques mois de retraite politique, Philippe Séguin revient en tant que candidat à la mairie de Paris. Alors qu'Édouard Balladur et Françoise de Panafieu ont laissé le champ libre, Philippe Séguin est désigné à l'unanimité comme candidat du RPR. Afin de mettre fin à la polémique des "faux électeurs", il propose une loi sur la refonte des listes électorales de Paris. Mais la campagne se complique : certains lui reprochent son manque de transparence quant à l'élaboration des listes de candidature. Il doit de plus composer avec Jean Tibéri, le maire sortant. Il refuse de fusionner leurs listes entre les deux tours souhaitant un soutien clair de Jacques Chirac qui ne lui viendra jamais en aide, contribuant ainsi à sa défaite. Le président de la République affirme ne pas vouloir prendre parti et dénonce les querelles au sein du parti. Finalement et sans surprise, Philippe Séguin est battu au second tour par le candidat socialiste Bertrand Delanoë.
En 2002, au lendemain du premier tour de l'élection présidentielle et à la veille des élections législatives, le candidat sortant Jacques Chirac décide de créer un nouveau parti, plus ouvert que le RPR : l'Union pour un mouvement populaire (UMP). L'objectif de Jacques Chirac est clair : prendre les rênes d'un parti qui lui apporterait tout son soutien en rassemblant les forces gaullistes, libérales et du centre-droit. Mais Philippe Séguin, à la tête du RPR au Conseil de Paris, qui souhaitait réformer le parti, refuse d'intégrer l'UMP. Il démissionne donc du Conseil de Paris en 2002 et se retire de la vie politique.
Au cours de sa carrière politique, Philippe Séguin s'est entouré de collaborateurs dont certains travaillent ou ont travaillé aux côtés du président de la République Nicolas Sarkozy. C'est le cas de François Fillon, aujourd'hui Premier ministre du gouvernement, d'Étienne Pinte, de Jean de Boishue, de Roger Karoutchi son ancien directeur de cabinet, ou de ses plumes Nicolas Baverez et Henri Guaino, ce dernier nommé conseiller spécial auprès de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy a aussi été un de ses proches collaborateurs quand Philippe Séguin présidait du RPR.
En juin 2002, Philippe Séguin réintègre la Cour des comptes. Il est aussi nommé en octobre 2002 Chef de la délégation gouvernementale française au conseil d'administration du Bureau International du Travail (BIT). En mars 2003, il devient Conseiller maître à la Cour des comptes et prend la présidence du conseil d'administration du BIT en juin 2004. Le 21 juillet 2004, Philippe Séguin est nommé premier président de la Cour des comptes. Quand en 2007, Nicolas Sarkozy pense à lui pour devenir ministre dans le gouvernement de François Fillon, il refuse préférant son poste de Premier président de la Cour des comptes.
Étant donné son passé politique, Philippe Séguin est médiatiquement reconnu. Sa nomination a donc permis à l'institution de revenir sur le devant de la scène, même si les rapports de la Cour des comptes n'ont aucun caractère contraignant pour l'État. Malgré tout, la publication des rapports et la médiatisation qui en est faite par Philippe Séguin renforce la légitimité et l'impact de la Cour des comptes.
Par ailleurs, Philippe Séguin démontra une sympathie pour le Québec et son mouvement indépendantiste[3]. Il aida les indépendantistes lors de l'arrivée au pouvoir en 1994 du Parti québécois de Jacques Parizeau et lors de son subséquent référendum de 1995 sur la souveraineté. Pour ce comportement, l'ambassadeur du Canada à Paris Benoît Bouchard le traita publiquement de loose cannon (irresponsable, insensé) en 1995. Séguin enseigna aussi à l'université du Québec à Montréal et publia Plus Français que moi, tu meurs !, un livre sur le Québec, son histoire et son avenir de coopération avec la France dans le contexte actuel d'accélération de la mondialisation.
Grand amateur de football, il a présidé la commission nationale tripartite de la fédération française de football et a pris la présidence en janvier 2008 de la commission Grands stades Euro 2016, créée par le secrétariat d'État aux Sports afin d'évaluer les stades de football existants et les manques pour la probable candidature de la France à l'organisation de l'Euro 2016 de football. Il est également président de la Fondation du football depuis février 2008.
Il décède dans la nuit du 7 Janvier 2010 à son domicile d'une crise cardiaque[5].
Carrière [modifier]
* Stage en Polynésie française en qualité de chef de la circonscription administrative des Îles-du-Vent, par intérim (1968),
* Élève à l'École nationale d'administration (ENA) (promotion Robespierre, 1968-1970),
* Auditeur à la Cour des comptes (1970),
* Chargé de mission auprès du recteur de l'académie de Nice et chef de la division de la scolarité (1970-1971),
* Réintégré à la Cour des comptes (1971),
* Chargé de mission au secrétariat général de la Cour des comptes (1972-1973),
* Chargé de mission au secrétariat général de la présidence de la République (1973-1974),
* Adjoint au directeur de l'éducation physique et des sports (1974-1975),
* Conseiller référendaire à la Cour des comptes (1977),
* Directeur de cabinet du secrétaire d'État, chargé des relations avec le Parlement (avril-septembre 1977),
* Chargé de mission au cabinet de Raymond Barre, Premier ministre (1977-1978),
Mandats politiques
* Député des Vosges 1re circ. (1978-1986), réélu le 16 mars 1986, cède son siège à Alain Jacquot, inscrit au groupe du Rassemblement pour la République (RPR) à l'Assemblée nationale,
* Maire d'Épinal (1983-1997),
* Membre (1979-86) et vice-président du conseil régional de Lorraine (1979-83),
* Vice-président de l'Assemblée nationale (1981-86),
* Secrétaire national du RPR, chargé de la décentralisation (1984-86),
* Ministre des Affaires sociales et de l'Emploi (1986-88),
* Député des Vosges, inscrit au groupe RPR (1988-2002),
* Président de l'Assemblée nationale (1993-97),
* membre du conseil politique du RPR;
* Président du groupe RPR à l'Assemblée nationale (1997),
* Président du RPR (1997-99),
* membre du conseil politique du RPR
* Candidat battu par Bertrand Delanoë aux élections municipales de Paris (2001),
* Président du groupe RPR au Conseil de Paris (2001-02),
* Candidat investi par le RPR pour conduire la liste RPR-UDF-DL aux municipales de 2001 à Paris, et candidat en 4e puis, à partir de février 2001, en 1re position, sur la liste du XVIIIe arrondissement ; conseiller de Paris, élu dans le XVIIIe arrondissement (2001-2002) ; président du groupe RPR au conseil de Paris (2001-2002)
Haut-fonctionnaire
* Délégué du Gouvernement français au conseil d'administration du Bureau international du travail (BIT) (2002, 2005),
* Président du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail (OIT) (juin 2004, juin 2005),
* Conseiller maître à la Cour des comptes (2003),
* Premier président de la Cour des comptes (depuis 2004),
* Ancien président de la commission nationale tripartite à la Fédération française de football,
* Maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris (1971-1977),
* Chargé de cours à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence (1970-1974),
* Professeur au Centre de formation professionnelle et de perfectionnement du ministère de l'Économie et des Finances (1971-1973),
* Professeur à l'université du Québec à Montréal (Canada) (1999-2000),
* Actuellement membre du conseil d'administration de l'Institut de relations internationales et stratégiques,
* Actuellement président du conseil d'administration de l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence.
* Actuellement président de Grands Stades Euro 2016